
Alors qu'à l'extérieur l'orage hurlait sa haine au soleil, il y avait dans le laboratoire du Dre. Maniak une telle agitation qu'on croirait Frankenstein sur le point de se réveiller. Effectivement, la scientifique s'adonnait à l'une de ses plus terrifiantes expériences. Isolée dans son grand manoir au fond des bois, la vieille femme riait en songeant à la vengeance qu'elle tenait au bout de ses doigts.
N'attendant plus que le bon moment pour brancher le courant, elle regardait sa montre d'où s'égrainaient les secondes. D'un seul éclair, elle allait réveiller toutes les forces du mal qu'elle espérait emprisonner dans cette chose, cette création qu'elle avait un jour imaginée dans un élan de fureur. Ce n'était plus qu'une question de secondes.
Et voilà qu'au moment où un éclair s'abattit sur le grand chêne au centre de la prairie, la vieille femme envoya une décharge de plus de 200 000 volts dans cette chose qui se trouvait sur la table. Le choc fut tel qu'une explosion détruisit la moitié du laboratoire.
Retirant ses lunettes en toussant quelques nuages chimiques, la vieille femme s'approcha lentement vers sa création. Et c'est là, derrière cette fumée blanchâtre, qu'elle réalisait tout l'effroi de sa réussite.
Devant elle, se dressait cette arme, cette chose qu'elle venait de créer. Elle tenait enfin sa vengeance.
Alors que la fumée se dissipait, on découvrait peu à peu les traits d'une... cravate. Couleur saumon, qui plus est.
« Me voilà vengée de ces salopards d'inventeurs de corsets et de soutiens-gorge », dit-elle avant de lâcher un rire satanique qui fut si fort qu'on l'entend parfois encore aujourd'hui par jour de grands vents.