Ponts couverts

Les ponts couverts du Québec: témoins d'un passé pas si lointain.

Histoire de survivants

Témoins d'un passé pas si lointain, ils étaient plus de 1000 il y a moins de 50 ans. Mais depuis, c'est une véritable hécatombe qui a déferlé sur les ponts couverts du Québec. Déjà en 1965, il n'est restait plus que 245, 100 en 1980. Aujourd'hui, le ministère des Transports du Québec en répertorie que 91 sur son site web.

Ce sont les intempéries, les inondations, les glaces, les incendies, l'usure, mais surtout l'automobile qui a eu raison de ces structures fragiles pour le siècle dans lequel nous vivons. Certains ont été entretenus, mais plusieurs sont présentement à l'abandon, laissés à eux même devant une mort certaine. Le dernier pont couvert ou pont rouge à avoir été construit au Québec l'a été en 1958. C'était en Abitibi.

Néanmoins, au détour d'un rang ou d'une route secondaire, vous avez encore des chances de croiser l'un de ces ponts couverts, et ce, dans plusieurs régions du Québec. En fait, il y a seulement 7 régions au Québec où on ne retrouve pas de ponts couverts: Laval, Montréal, les Îles-de-la-Madeleine, la région de Québec, Charlevoix, Duplessis et le Nord-du-Québec. Partout ailleurs, il reste encore de ces pittoresques charpentes.

D'ailleurs, pour ceux qui s'interrogent sur les motifs de nos ancêtres à construire de telles structures, la raison en était forte simple: le pont ainsi recouvert, on protégeait la structure, ce qui prolongeait leurs durées de vie. Qui plus est, on peinturait les ponts afin de les protéger contre le soleil et la pluie. Et pour ce qui est du rouge, cela s’explique par la disponibilité de cette pigmentation et par son coût moins élevé. De plus, il leur arrivait également d'utiliser le sang des animaux comme peinture.

Mais attention! Ne construisait pas un pont couvert qui le voulait. Effectivement, les coûts relativement élevés d'un tel ouvrage et les brevets à respecter se résultaient souvent par un droit passage qu'il fallait payer pour traverser. Plusieurs types de procédures de construction de ponts couverts furent inventés et règle générale, l'inventeur (état-uniens pour la plupart) faisait breveter son procédé qui porterait le nom de ce dernier :

  • Poutre triangulée à double poinçon (Queen)
  • Poutre triangulée à poinçons multiples Kingpost
  • Poutre triangulée du type Town simple
  • Poutre triangulée de type Town québécois
  • Poutre triangulée de type Howe
  • Poutre triangulée de type McCallum

Ailleurs au pays, on retrouve quelques ponts dont la grande majorité est situé au Nouveau-Brunswick (66 contre seulement un en Ontario et un en Colombie-Britannique). Pour ce qui est de nos voisins du sud, on en dénombre plus de 825. Pour les voir, il vous faut aller en Ohio (+/- 135), Indinia (+/- 95), Vermont (+/- 90), New Hampshire (+/- 50), Oregon (+/- 50) mais vous aurez plus de chance en Pennsylvanie où on en dénombre plus de 200.

Finalement, pour les amateurs de records, sachez que le pont couvert le plus long au monde est situé au-dessus de la rivière Saint-Jean à Hartland, au Nouveau-Brunswick. Avec plus de 1282 pieds (390,73 mètres), il n'a qu'une seule (petite) ombre au tableau: il n'a été recouvert qu'en 1920 (alors que sa construction date de 1898-1899).